Programme Émotions Positives pour la Schizophrénie (PEPS)





La littérature distingue les symptômes négatifs associés à une diminution de la capacité d’éprouver (apathie, anhédonie) de ceux qui sont associés à une diminution de la capacité d’exprimer (émoussement affectif, alogie). Le syndrome apathie-anhédonie tend à être associé avec un moins bon pronostic que celui lié à une réduction de l’expression, suggérant qu’il s’agit d’un aspect plus sévère de la psychopathologie. Ce syndrome est aussi associé à la durée de psychose non-traitée, une histoire familiale de schizophrénie et le statut professionnel au moment du premier épisode psychotique. La distinction entre ces deux syndromes, réduction de l’expérience et réduction de l’expression, permet probablement une approche plus spécifique du problème.

Le programme émotions positives pour la schizophrénie (PEPS) est un programme groupal qui cherche à réduire l’anhédonie et l’apathie en augmentant le contrôle cognitif des émotions positives. Il s’agit d’un programme en huit séances d’une heure, administré à l’aide de matériel multimédia (visuel et sonore) présenté sous forme de fichiers PowerPoint projetés sur un écran. Les groupes sont composés de 5 à 10 participants. Chaque séance commence par un accueil et un exercice de relaxation ou de méditation. Dès la seconde séance, les animateurs passent en revue la tâche à domicile qui a été prescrite à la fin de la séance précédente. La séance se poursuit avec la remise en question d’une croyance défaitiste, puis l’apprentissage d’une compétence pour améliorer l’anticipation, le maintien, l’augmentation ou la réactualisation d’émotions positives. La séance se termine par la prescription d’une tâche à accomplir pour la séance suivante. Les compétences enseignées sont : savourer l’expérience agréable, exprimer les émotions de manière comportementale, capitaliser les moments positifs et anticiper les moments agréables.

Présentation rapide de PEPS

Vous pouvez télécharger, les fichiers pour l’animation de PEPS. Pour le mode plein écran, activez les touches Ctrl+l.

Niveau de preuve

Cette scoping review porte sur les interventions psychologiques ciblant les symptômes négatifs de la schizophrénie : anhédonie, avolition, retrait social, pauvreté de l’expression émotionnelle et difficultés motivationnelles. Les auteurs soulignent que ces symptômes sont fortement liés au handicap fonctionnel et à la baisse de qualité de vie, mais restent insuffisamment traités par les approches médicamenteuses et psychosociales classiques.  La revue inclut 31 études, dont 18 essais contrôlés randomisés. Les interventions étudiées ciblent surtout la motivation, les croyances défaitistes, l’activité quotidienne, la communication sociale, les difficultés expressives et le plaisir. La majorité des études rapportent des effets positifs sur les symptômes négatifs, mais les auteurs insistent sur des limites méthodologiques : petits échantillons, hétérogénéité des mesures, manque de suivi à long terme et preuves encore préliminaires.  Dans ce cadre, PEPS est présenté comme une intervention brève, structurée et prometteuse, centrée sur les émotions positives, le plaisir et la motivation. Il vise surtout l’anhédonie et l’apathie-avolition, en travaillant des mécanismes comme le plaisir anticipé, le fait de savourer les expériences positives et le maintien du plaisir. Les auteurs indiquent que PEPS fait partie des approches ayant montré des effets favorables, notamment sur l’anhédonie-asocialité et l’apathie-avolition.  En résumé, l’article conclut que les interventions psychologiques ciblées, dont PEPS, ouvrent des perspectives intéressantes pour traiter les symptômes négatifs de la schizophrénie. PEPS apparaît particulièrement pertinent pour travailler l’anhédonie et la motivation, mais les auteurs restent prudents : des études plus larges, mieux contrôlées et avec un suivi prolongé sont nécessaires avant de recommander une généralisation à grande échelle.

Etudes sur PEPS

Cette étude examine la faisabilité du programme PEPS dans des conditions proches de la pratique clinique réelle. Vingt et un patients ont suivi huit séances, avec une évaluation avant et après l’intervention. Les résultats montrent une amélioration des symptômes négatifs, aussi bien sur la dimension de l’expérience — anhédonie et apathie — que sur la dimension de l’expression. Le fonctionnement personnel et social s’est également amélioré. Les auteurs concluent que le PEPS semble faisable et utile en contexte clinique réel. Toutefois, comme l’étude ne comportait pas de groupe contrôle et incluait un petit nombre de participants, ses résultats doivent être confirmés par une étude contrôlée, notamment chez des patients plus jeunes.