Michael’s game



michael

Michael’s game est un jeu collaboratif basé sur le raisonnement hypothétique développé pour faciliter le traitement psychologiques des idées délirantes. Il a été testé dans une étude randomisée contrôlée qui montre que le jeu conduit à une réduction de la conviction et de la préoccupation avec les idées délirantes.

Michael’s game peut être obtenu auprès d’HorizonSud à info@horizonsud.ch

Le jeu « Michael’s Game » a été conçu pour spécifiquement entraîner le raisonnement par hypothèses. Il sélectionne spécifiquement cet aspect de l’approche cognitive des symptômes psychotiques.
L’hypothèse au départ de ce jeu, conçu par Yasser Khazaal et Jerôme Favrod, a été que cet entraînement pourrait réduire les sauts aux conclusions (« jumping to conclusions ») ou, tout du moins, en réduire les effets, en facilitant l’ouverture à d’autres explications des phénomènes vécus. Cette approche semble d’autant plus importante à entraîner que la plupart des patients n’ont pas d’explications alternatives spontanées à leurs vécus et qu’ils pourraient s’approprier ces approches et en ressentir des bénéfices sur les symptômes psychotiques et/ou le vécu de ces symptômes ou la manière d’y faire face.
Malgré leur intérêt, les psychothérapies cognitives des psychoses, et l’entraînement au raisonnement par hypothèses connaissent une faible dissémination en milieu clinique.
En développant le jeu « Michael’s Game », les auteurs font l’hypothèse qu’il pourrait faciliter l’introduction de ces approches auprès des soignants et des patients. Les patients pourraient plus facilement les découvrir par le biais d’une approche décentrée et ludique, probablement plus acceptable. Également, les soignants pourraient plus facilement se lancer ou s’initier à ces approches en le faisant par le biais d’une approche structurée rapidement applicable.
Le jeu « Michael’s game »

Le jeu, rédigé en Français, a été traduit, à ce jour, en Anglais, Allemand, Espagnol, Italien et Portugais. IL comporte 80 cartes, qui chacune va entraîner ce même processus de raisonnement par hypothèses au travers de situations différentes. Le jeu est habituellement animé en groupe (le plus souvent de 4-8 joueurs). Les patients habituellement inclus sont sortis de la phase aiguë et pas trop sévèrement désorganisés. Leur état clinique doit être compatible avec le fait de participer à un groupe durant environ une heure à une heure-trente (avec une pause). Les animateurs sont des soignants formés à l’animation du jeu. Toutefois, pour animer le jeu, il n’est pas indispensable d’être formé en psychothérapie cognitive. Il est cependant préférable d’avoir une certaine expérience clinique du travail avec des patients présentant des symptômes psychotiques. La formation à l’animation de « Michael’s Game » dure deux heures. Elle permet une introduction aux concepts sur lesquels se base le jeu et un entraînement pratique à son animation.

Etude sur Michael’s game

Cette étude évalue l’efficacité de « Michael’s game », un jeu de cartes conçu pour aider les patients à développer leur capacité à formuler des hypothèses alternatives face à une expérience donnée. L’objectif principal était de voir si ce jeu pouvait réduire la conviction délirante, mesurée avec la sous-échelle de conviction du Peters Delusions Inventory – PDI-21. L’étude est un essai contrôlé randomisé, avec évaluateurs en aveugle. Elle compare deux groupes de patients adultes suivis en ambulatoire pour des troubles psychotiques avec symptômes positifs persistants : un groupe recevant le traitement habituel plus Michael’s game, et un groupe recevant le traitement habituel seul, avec inscription sur liste d’attente. Au total, 172 participants ont été inclus, répartis en deux groupes de 86. Les évaluations ont eu lieu au début de l’étude, après 3 mois de traitement, puis 6 mois plus tard. Les résultats montrent qu’à 3 mois, Michael’s game entraîne une réduction significative de la conviction délirante. Cet effet se maintient au suivi à 6 mois. À ce suivi, d’autres bénéfices apparaissent aussi : diminution de la détresse liée aux croyances délirantes, diminution de la préoccupation autour de ces croyances, et amélioration d’une dimension de la flexibilité cognitive, c’est-à-dire la capacité à envisager des éléments allant contre la croyance. En résumé, cette étude suggère que Michael’s game peut avoir un effet bénéfique chez des patients présentant des symptômes psychotiques persistants, notamment en réduisant la force de conviction dans les idées délirantes et en favorisant une plus grande flexibilité vis-à-vis des croyances.